Sur la route des bracelets
par Constance de Monbrison & Ludovic Coupaye
Venus des Amériques, d’Afrique, d’Asie ou d’Océanie, les bracelets du musée du quai Branly ont chacun une histoire singulière. Portés seuls ou par paire, sur l’avant-bras ou sur le poignet, ils soulignent le statut de l’individu, homme comme femme : les défenses de cochon du Vanuatu, inestimable richesse, sont réservées aux « Grands Hommes » et témoignent de leur position dans des hiérarchies de grades (15).
Les matériaux qui les composent, ivoire, nacre, plumes, cordes, perles, coquillages et dents sont choisis pour leurs qualités esthétiques et symboliques tel le métal dont la fusion implique une alchimie dangereuse, puissante qui maintient le forgeron africain à l’écart du village (2). Dans certaines sociétés, la pérennité du matériau ancre le prestige dans le temps (1). Pour d’autres, l’intensité d’une couleur souligne la manifestation des esprits à travers les éléments de la nature (animaux, minéraux, végétaux) (18).
Qu’ils soient richement décorés ou à l’inverse dépouillés, leurs décors font souvent référence à des principes abstraits (fertilité, pouvoir royal, présence des ancêtres) (14).
Objets de circulation, les bracelets peuvent intervenir comme monnaie d’échanges cérémoniels (16). Mais en circulant, leur sens et leur fonction peuvent se modifier comme ce bracelet de Java qui, dérobé au regard, enroulé dans une bande d’écorce battue, perd sa fonction de parure au fil des siècles pour devenir un objet de circulation et de prestige en Nouvelle Guinée (12).
musée du quai Branly
Musée des arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques.
218 rue de l’Université,
ou 37 quai Branly,
75007 Paris
T +33 1 56 61 70 00
www.quaibranly.fr
contact@quaibranly.fr


















