Pierre Gagnaire
Pierre Gagnaire ne pratique pas la cuisine comme un chef de guerre mène une bataille gustative pour se contenter de quelques étoiles. Il est un maître et son art est culinaire. Dans son restaurant de la rue Balzac, ou au Sketch à Londres, il redonne à nos assiettes leurs lettres de noblesse. Pas un mot de plus, tout est dit quand on se tait pour savourer sa cuisine.
Premier souvenir
Je me souviens des trousses en cuir que l’on avait à l’école. Cela évoque les mines de crayons, les copeaux de bois, les odeurs de colle et de gomme.
Premières sensations
Un jour j’ai réalisé à quel point une senteur pouvait dévoiler autrui. On peut violer la dignité de quelqu’un en respirant une odeur qu’il s’est appropriée. Je raffole de ce qu’exhalent le cuir, le bois, la pierre. Je me retrouve dans ses matières brutes. Mon propre sac est vieux, en cuir bordeaux ou violine. J’aime sa patine, ses gros boutons et l’histoire qu’il raconte sans avoir à parler.
Dernière volonté
Allier l’utilitaire et l’art, pour les laisser traverser le temps à leur guise. Rêver sur l’intelligence d’un objet.


