Les Lunettes
Art Portfolio

Jean-Claude Götting

Cet illustrateur s’illustre à l’envie. Le Fanzine PLG et Futuropolis le lancent dans le monde de la BD, qui lui offre le prix du meilleur album au festival d’Angoulême avec Crève Coeur. Plus récemment, il a marqué le coup avec La malle Sanderson. Car sa technique unique de dessin noir et blanc au trait épais et charbonneux fait mouche. Mais il colorie aussi son travail pour les couvertures de la série des Harry Potter français, ou l’affiche de la comédie musicale Oliver Twist. De livres pour enfants, comme La cravate de Papa, en recueils de dessins, comme Duel, il expose aussi régulièrement ses toiles. Et entre temps, la crème de la presse aura bénéficié de son coup de crayon.

 

Premier souvenir
Mon père travaillait pour un laboratoire d’optique spécialisé dans les verres de contact. Mais ma mère portait une paire de lunettes à la monture noire très étroite en hauteur, avec des branches larges. C’est plus tard, en revoyant de vieilles photos de famille, que j’ai découvert avec ces lunettes ce que pouvait être le design.


Première sensation
L’armée m’a « fourni » ma première paire. Un modèle agréé par la Sécu, en métal flexible et verre incassable. Une horreur. Je n’étais pas pressé de les porter. Alors plus tard, je me suis acheté une paire noire, comme celles de Woody Allen, puis je les ai délaissées. En fait, je me suis habitué à mon univers un peu flou. Et aujourd’hui, quand je les remets, on me dit qu’elles sont ridiculement grandes. Car les lunettes transforment tellement un visage. Parfois, en rencontrant une jolie fille, on hésite à lui demander de les retirer, de peur d’être déçu.


Dernière volonté
Les lunettes, c’est comme le parapluie. Une truc assez désuet qu’on accroche sur les oreilles et sur le nez. Sauf pour les lunettes de soleil. Ça, j’adore.