Les Lunettes
Art Portfolio
Photographie par Graziella Antonini

Sébastien Gaudard

Il se dit « né dans un chou ». Et décide d’entrée de ne pas jouer à la pâte à modeler mais à la pâte d’amande. De ne pas faire des châteaux mais des gâteaux. Car Sébastien Gaudard a déjà l’humour et la gourmandise féroces. Talent en supplément, logique que dès 22 ans, il se trouve à Matignon pour « adoucir » dit-il, les repas ministériels. C’est ensuite chez Fauchon qu’il va gravir les marches du célèbre étal de la place de la Madeleine, jusqu’à remplacer Pierre Hermé après avoir été second et commis. Il crée alors sa tarte au Darjeeling et n’en finit plus de se distinguer. Sous ses mains, même la religieuse ou l’éclair se voient modernisés. « Je cherche les goûts qui s’aiment », dit-il. De 2003 au 2008, il officie au Délicabar, un lieu créé avec Hélène Samuel, où « le savoir-faire pâtissier s’affranchit des normes et orchestre le dialogue entre sucré et salé ».

 

Premier Souvenir
A la différence des autres enfants, les lunettes ont été pour moi une libération. Au CM1, à l’école primaire, on me croyait analphabète, sourd ou idiot. En fait, mon professeur a découvert que j’étais tout simplement myope. Grâce à lui, j’ai très vite porté des lunettes, et même si tous les enfants se fichaient de moi, j’en ai tout de suite fait un accessoire de mode. C’est l’éternelle histoire : transformer un défaut en qualité.

 

Première sensation
Je porte des modèles souples, incassables, démontables, élastiques. Je ne peux rien faire sans. Elles sont témoins de toute ma journée. Elles voient tout ce que j’ai accompli. Dès qu’il fait beau, je suis accro aux verres colorés de bleu ou de fushia qui vous font voir la vie… en rose.

 

Dernière volonté
Via nos lunettes, on aura de la musique diffusée ou des minis écrans à allumer ou éteindre dans nos verres fumés selon que l’on souhaite ou non voir... son interlocuteur.