Les Montres
XVIIth century pendant watches, the Wallace Collection, London

 

From left to right:

 

c.1650 and later
Signed Lemaindre Blois

 

1630's
Signed J.B. Duboule Geneva

 

c.1620
Signed A.Arlaud Geneva

 

1640's
Signed J.Cooke London

 

c.1625-50
Signed E.Garaudel Verdun

Temps précieux

by Angelica Pediconi

 

Jusqu'au Xe siècle, le temps se mesure avec des cadrans solaires ou des formes perfectionnées de sabliers à eau, huile ou sable appelés clepsydres par les Anciens. Ce n'est qu'au XIVe que l'on entend parler d'horloges portatives. Élément indispensable à l'habitat des ménages fortunés, l'horloge est suspendue au mur, les mouvements gérés par des poids et des cordes. L'introduction du « ressort à spirale » remplaçant ces poids ouvre la voie à de nouvelles améliorations techniques qui vont permettre la création de montres portatives plus petites. Cependant, ces premières montres n'étant pas des instruments de grande précision, il est plus juste de les considérer comme des «bijoux mécaniques». Ces accessoires de luxe coûteux sont plutôt des signes de richesse et de connaissance, contribuant bien plus au statut social de celui qui les porte qu’à sa notion de ponctualité. Elles ne disposent que d’une aiguille sonnant l’heure mais la fascination pour ces mécanismes est telle pendant les XVIe et XVIIe siècles, que de toute évidence, il suffit simplement qu’ils fonctionnent.

Hommes et femmes portent les montres par-dessus leurs vêtements, suspendues par une chaîne ou un ruban en soie, autour du cou ou de la taille. Exposer sa montre, l'avoir bien en vue sur les vêtements, est une mode qui continue pendant tout le XVIIe siècle, donnant ainsi l’opportunité aux artisans d’inventer des formes toujours plus novatrices et ingénieuses afin de satisfaire la demande croissante de nouveauté. L’on compte parmi celles-ci des ovales et des ovoïdes à facettes, des fleurs (en particulier la tulipe, rappelant la manie Hollandaise) et des cruciformes telle la croix latine. Les pièces qui font partie de la Wallace Collection datent toutes d’entre 1620 et 1650. Leur rôle d’ornement symbolique est mis en valeur par la décoration du boîtier travaillé en or, en argent ou en cristal de roche, avec des cadrans et montures finement gravés et parfois émaillés.

 

Ces montres furent créées dans les ateliers de la haute horlogerie en France (Blois), en Suisse (Genève) et en Angleterre (Londres) par des maîtres horlogers célèbres. À cette époque, l’horloger est également le vendeur de ses propres oeuvres. Il fabrique certaines pièces, en achète d’autres puis vend la montre finie à son client. Ces « vanités », en métal précieux et étincelant, de réalisation sophistiquée, rappellent, malgré leur apparence flatteuse, l’inéluctable fuite des heures et la brièveté de la vie humaine.